Test HTMA et post partum : analyse de mon bilan minéral après l'accouchement
- Julia

- il y a 2 jours
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Dernière mise à jour : il y a 5 heures
Aujourd'hui, j'ai décidé de vous partager un article un peu spécial : celui de mon propre HTMA (bilan minéral) en contexte de post partum. Si vous me découvrez tout juste, sachez que je suis nutrithérapeute spécialisée en HTMA et que je viens tout juste de rentrer de congé maternité après l'arrivée de mon deuxième enfant en mars, que j'allaite exclusivement au sein.
Le post partum est une période encore trop souvent sous-estimée. On s'occupe beaucoup de la maman pendant la grossesse, son fer, sa B9, son poids... mais une fois le bébé arrivé, elle perd le centre de l'attention. Résultat : trop de jeunes mamans se retrouvent épuisées, avec un moral en dents de scie, parfois jusqu'à la dépression post-partum.
Je suis moi-même passée par là après ma première grossesse, il y a 2 ans. Mon test HTMA en post partum est l'un des plus carencés que j'aie jamais analysés, y compris en consultation, je souffrais d'une fatigue post-partum intense. J'ai décidé aujourd'hui de vous le partager et de l'analyser ensemble ! :)
Pourquoi je ne présente pas celui de mon post partum actuel ? En toute franchise : je me sens merveilleusement bien sur ce deuxième post partum, j'ai une énergie au top et un moral stable ! La seule ombre au tableau (car rien ne peut être parfait), c'est la mécanique : un diastasis et un psoas qui a beaucoup compensé, qui m'empêchent de reprendre le sport. C'est difficile pour moi car bouger fait partie de mon équilibre, mais je prends le temps de rééduquer tranquillement !
Allez, on entre dans le vif du sujet !
Pourquoi le post-partum épuise vraiment le corps
La grossesse et l'allaitement sont des étapes magnifiques, mais physiologiquement très exigeantes pour le corps de la maman. Les réserves minérales sont massivement sollicitées, et dans notre société, avec des sols appauvris et une alimentation souvent raffinée et pauvre en micronutriments, beaucoup de femmes commencent leur grossesse avec un corps déjà carencé.
J'entends souvent : "ne t'inquiète pas, le bébé prendra ce dont il a besoin." C'est vrai, mais c'est justement le problème. Si la maman ne consomme pas assez de zinc, son corps ne va pas en fabriquer par magie : il va puiser dans ses propres réserves, jusqu'à l'épuisement. Or, le mythe du "bébé ne manquera de rien" a ses limites : on ne donne pas ce qu'on n'a pas !
Par ailleurs et contrairement à ce qu'on pourrait penser, l'allaitement est encore plus énergivore en minéraux que la grossesse elle-même.
La démonstration la plus frappante concerne le calcium. Selon une revue de référence publiée dans Endotext (Kovacs, 2024)[1], un fœtus accumule environ 30 g de calcium pendant toute la durée de la grossesse. Or, un nourrisson allaité exclusivement reçoit cette même quantité, voire davantage, en seulement 6 mois d'allaitement. Et l'étude précise que pendant la lactation, la majeure partie du calcium du lait maternel provient d'une mobilisation directe du squelette maternel.
Autrement dit : votre corps puise dans vos os pour nourrir votre bébé.
Le calcium n'est qu'un exemple, la littérature scientifique a fait des recherches très intéressantes sur l'iode : le bébé dépend totalement de l'iode maternel, j'y reviendrai un peu plus bas.
En tout cas, c'est dans ce contexte de déplétion minérale profonde que le test HTMA prend tout son sens : il permet de voir exactement où en sont vos réserves, et d'agir de manière ciblée.
Test HTMA et post partum : ce que mon bilan a révélé
C'est parti, je vous présente mon analyse minérale capillaire que j'ai réalisé 2 mois après la naissance de ma fille :

Les "4 fantastiques" comme j'aime les appeler, sont à plat
Premier constat : le calcium, le magnésium, le sodium et le potassium sont tous très bas, avec un potassium particulièrement dans les chaussettes. Ces quatre minéraux sont fondamentaux pour :
maintenir une bonne densité osseuse et dentaire : Ca
maintenir une bonne transmission nerveuse : Ca, Mg, Na et K
une bonne fonction thyroidienne et surrénalienne : Ca, Mg, Na et K
une bonne énergie : Mg, Na et K
Un zinc trompeur
Le zinc apparaît élevé au premier regard, mais ce n'est pas une bonne nouvelle. En réalité, il s'agit d'un zinc "perdu" dans le cheveu, faute de cofacteurs suffisants pour qu'il soit correctement utilisé par l'organisme. Un classique des bilans post-partum ou d'une complémentation pas bien menée.
Un cobalt dans les chaussettes
Le cobalt est très bas, ce qui traduit une digestion haute fragilisée, là encore, fréquent en post-partum.
L'uranium : le détail qui m'a vraiment interpellée
Mon bilan révèle également une exposition à quelques métaux lourds, dont l'uranium. C'est le point qui m'a le plus alertée, car j'avais souffert d'une anémie persistante pendant toute ma première grossesse, et le lien entre les deux n'est pas anodin !
Des travaux scientifiques montrent en effet que l'uranium peut emprunter certaines voies biologiques normalement utilisées par le fer, notamment en se liant à la transferrine, la principale protéine de transport du fer dans l'organisme. Une étude de Hémadi et al. (2011)[2] pose même la question directement : "l'uranium peut-il être transporté par la voie d'acquisition du fer ?", et conclut que oui, lors d'une exposition suffisante, l'uranium peut être internalisé via cette voie grâce à son interaction avec la transferrine et son récepteur.
En d'autres termes : cette interaction pourrait avoir contribué à perturber mon métabolisme du fer pendant la grossesse. Un cercle vicieux, difficile à identifier sans un bilan comme le HTMA
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Le HTMA ne se lit pas seulement minéral par minéral. La synergie entre deux minéraux nous donne des indices précieux sur certains mécanismes physiologiques, et c'est souvent là que se cachent les réponses les plus éclairantes.
On cherche idéalement à se situer dans la bande blanche pour chaque ratio.
Sur mon bilan, plusieurs sont clairement déséquilibrés :

Burn-out micronutritionnel : Na/K et Na/Mg très bas
Ces deux ratios bas sont le signe d'un corps épuisé en profondeur, ce qu'on appelle un burn-out micronutritionnel. Quand les glandes surrénales sont à plat, le corps n'a tout simplement plus les ressources pour encaisser. Ni le stress du quotidien, ni les nuits sans sommeil, ni le tourbillon émotionnel du post-partum. La carence entretient l'anxiété, qui entretient la carence, un cercle vicieux silencieux, que beaucoup de jeunes mamans vivent sans en comprendre l'origine.
Thyroïde fragilisée : ratio Ca/K élevé
C'est l'un des ratios les plus fréquemment déséquilibrés en post-partum, et il est souvent sous-estimé. Un Ca/K élevé est associé à une fonction thyroïdienne ralentie, ce qui se traduit entre autres par de la fatigue, une chute de cheveux, et des difficultés à perdre du poids après l'accouchement. La thyroïde est particulièrement vulnérable en post-partum, notamment parce que l'allaitement augmente considérablement les besoins en iode, micronutriment essentiel à la santé thyroidienne. Une étude publiée dans Clinical Endocrinology (Azizi & Smyth, 2009)[3] le démontre clairement : pendant l'allaitement, les besoins en iode de la mère augmentent significativement, car elle doit couvrir à la fois ses propres besoins thyroïdiens et ceux de son nourrisson, qui dépend entièrement de l'iode maternel transmis via le lait.
Gestion de la glycémie perturbée
Le dernier ratio déséquilibré pointe vers un trouble métabolique avec une moins bonne régulation de la glycémie. Là encore, très fréquent en post-partum : les nuits hachées perturbent les récepteurs à l'insuline, la fatigue génère des fringales, l'allaitement crée des pics de faim... tout se cumule.
Ce bilan, je l'ai regardé avec un mélange de soulagement et d'émotion. Un corps déminéralisé, une thyroïde fragilisée, une glycémie instable, tout était là, écrit dans mes cheveux ! Mon épuisement avait une cause. Mon moral fluctuant avait une cause. Et ça, le simple fait de le savoir, ça change tout ! :)
Les minéraux clés à surveiller en post partum
Mon bilan minéral n'est pas un cas isolé : en consultation, je retrouve régulièrement les mêmes schémas chez les mères, et pratiquement toujours les mêmes minéraux en première ligne.
Le zinc : le grand oublié du post-partum
Le zinc est indispensable à la cicatrisation, à l'immunité, à l'équilibre émotionnel et à la production de lait. Or il est massivement sollicité pendant la grossesse et l'allaitement, et souvent déjà bas avant même la conception. Un zinc bas en post-partum, c'est une maman qui cicatrise mal, qui attrape tout ce qui passe, et dont le moral peine à se stabiliser.
Le magnésium : le minéral anti-stress par excellence
Le magnésium est consommé à grande vitesse dès que le système nerveux est sous pression, et le post-partum, entre les nuits hachées, l'allaitement et le tourbillon émotionnel, c'est un stress physiologique permanent. Un manque de magnésium aggrave l'anxiété, les crampes, la fatigue nerveuse et les troubles du sommeil.
Le fer : le plus connu, mais pas toujours bien géré
La carence en fer est la plus dépistée en post-partum, mais elle est souvent mal adressée. On prescrit du fer en aveugle, sans vérifier pourquoi il est bas ni ce qui perturbe son assimilation. Comme je l'évoquais dans mon propre bilan, certains facteurs, dont l'exposition aux métaux lourds, peuvent interférer avec son métabolisme et rendre la supplémentation classique peu efficace.
L'iode : la thyroïde sous double pression
On l'a vu dans la partie précédente : pendant l'allaitement, la mère couvre seule les besoins en iode de son bébé via le lait maternel, en plus des siens. Une carence en iode fragilise directement la production d'horpmones thyroidiennes, avec pour conséquences fatigue, chute de cheveux, prise de poids difficile à expliquer. Des symptômes que beaucoup de femmes attribuent au post-partum "normal", alors qu'ils sont corrigeables !
Pourquoi ne pas se supplémenter seule ?
La tentation est grande de se tourner vers une cure de magnésium ou un complexe périnatalité en pharmacie. Mais supplémenter sans bilan, c'est un peu naviguer à vue : on peut apporter un minéral en excès, négliger un cofacteur indispensable, ou passer à côté du vrai déséquilibre.
C'est exactement pour ça que je propose le HTMA en consultation. Ce bilan capillaire permet de voir en un coup d'œil l'état réel de vos réserves minérales, vos ratios, et d'adapter une complémentation vraiment ciblée, pour vous, à ce moment précis de votre vie ! :)
Pour conclure
Je vous disais en introduction que ce deuxième post-partum est une tout autre expérience pour moi. La différence ? Je suis arrivée mieux préparée, mieux nourrie, mieux accompagnée. Et je mesure aujourd'hui à quel point ce premier bilan, aussi catastrophique soit-il, m'a été précieux : il m'a montré exactement où agir :)
Même si je me sens en forme, je vais quand même refaire mon HTMA sur ce post-partum, parce que la curiosité professionnelle ne s'éteint jamais ;) et parce que je suis convaincue qu'on peut toujours aller plus loin dans la connaissance de son terrain. Je vous partagerai les résultats !
Et vous ? Si vous êtes en post-partum, enceinte, ou en projet bébé, et que vous vous reconnaissez dans certains symptômes évoqués dans cet article, sachez qu'il existe des réponses concrètes. Vous n'avez pas à traverser cette période en mode survie.
Je propose le HTMA en consultation, avec un accompagnement adapté à votre situation. N'hésitez pas à me contacter si vous souhaitez en savoir plus.
[1] Kovacs CS. Calcium and Bone Metabolism Disorders During Pregnancy and Lactation. In: Feingold KR, et al., eds. Endotext. South Dartmouth (MA): MDText.com, 2024. Disponible sur : ncbi.nlm.nih.gov/books/NBK279173
[2] Hémadi M, Ha-Duong NT, El Hage Chahine JM. Can uranium be transported by the iron-acquisition pathway? Ur uptake by transferrin. J Phys Chem B. 2011 Apr 14;115(14):4206-15. doi: 10.1021/jp111950c. Epub 2011 Mar 17. PMID: 21413683.
[3] Azizi F, Smyth P. Breastfeeding and maternal and infant iodine nutrition. Clin Endocrinol (Oxf). 2009;70(5):803-9. doi: 10.1111/j.1365-2265.2008.03442.x. PMID: 19178515.


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